
C’est sur le thème « Analyse de l’hydrodynamisme des sols de la plateforme expérimentale de Kamboinsé : perspectives et applications agronomiques » que AYOUMBISSI KEUGMENI Guy Armel a soutenu, avec brio, sa thèse de doctorat à l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE), le 16 décembre 2025.
Ses travaux de recherche s’inscrivent dans un contexte sahélien marqué par de fortes contraintes climatiques, caractérisées par la rareté de l’eau d’irrigation, sa mauvaise gestion, ainsi que par la faible fertilité et la dégradation progressive des sols. Ces facteurs limitent considérablement la productivité des cultures maraîchères stratégiques telles que l’oignon et la corète potagère, compromettant ainsi la sécurité alimentaire et les revenus des ménages agricoles.
Une recherche au cœur des enjeux de sécurité alimentaire et d’adaptation climatique
Face à ces défis, la thèse d’Ayoumbissi Keugmeni Guy Armel a consisté à comprendre les propriétés hydrodynamiques et physiques des sols qui régissent le transfert de l’eau et des nutriments, afin de proposer des systèmes agricoles durables et résilients au changement climatique.
Plus spécifiquement, ses travaux ont porté sur :
- l’évaluation des systèmes de production de ces cultures par les producteurs ;
- la caractérisation des propriétés hydrodynamiques et physiques des sols du site expérimental ;
- le suivi agronomique des cultures en interaction avec l’évolution des paramètres physico-chimiques du sol ;
- la comparaison des rendements afin d’identifier les pratiques les plus adaptées pour une gestion optimisée de l’eau et des nutriments.
Une méthodologie intégrée alliant pratiques endogènes et innovations techniques
Après avoir étudié les mesures d’adaptation en agriculture sahélienne, notamment les cultures d’oignon et de corète potagère, ainsi que les techniques de caractérisation des sols, l’impétrant a mené une enquête socio-économique auprès des producteurs autour de plusieurs barrages, afin de mieux comprendre le contexte de production, les pratiques culturales et les contraintes rencontrées.
Il est ensuite passé à la phase expérimentale sur la plateforme expérimentale de Kamboinsé, avec la mise en place d’un dispositif en blocs de Fisher randomisés, intégrant trois méthodes de travail du sol (zaï, demi-lune et labour plat témoin) et deux cultures (oignon et corète potagère). Au total, 42 parcelles expérimentales ont été suivies sous des conditions d’irrigation et de fertilisation contrôlées, avec un suivi diachronique de l’humidité, des nutriments (N, P, K) et des paramètres physiques du sol (pH, conductivité électrique, température).
Des résultats probants en faveur des techniques de conservation des eaux et des sols
Les résultats de l’enquête ont révélé que les producteurs n’utilisent que très peu les techniques de conservation des eaux et des sols pour la production de l’oignon et de la corète potagère. L’étude a également mis en évidence des inégalités de genre, la culture de la corète potagère étant majoritairement assurée par les femmes, souvent sur de petites superficies et avec un accès limité aux intrants.
Sur le plan agronomique, les résultats expérimentaux montrent que :
- les demi-lunes offrent les meilleurs rendements, grâce à une meilleure répartition de l’humidité dans le sol ;
- la technique du zaï présente également des performances prometteuses, notamment pour la corète potagère, en améliorant la disponibilité hydrique ;
- les systèmes de culture conservateurs réduisent les pertes par drainage et améliorent l’efficacité de l’eau.
L’analyse du bilan hydrique confirme que ces techniques constituent des outils efficaces d’optimisation de l’irrigation, tout en favorisant la durabilité environnementale.
Des perspectives pour le développement agricole sahélien
À l’issue de ses travaux, le doctorant recommande notamment :
- la réalisation d’analyses coût-bénéfice détaillées des combinaisons culture–technique–irrigation ;
- la mise en place d’observatoires paysans pour le suivi à long terme des performances ;
- l’extension des expérimentations à d’autres zones sahéliennes afin de confirmer la transférabilité des résultats.
Au terme de sa présentation et des échanges, le jury a accordé à AYOUMBISSI KEUGMENI Guy Armel, le grade de Docteur de l’École Doctorale de l’Institut 2iE en Sciences et Technologies de l’Eau, de l’Energie et de l’Environnement (Spécialité Eau) avec la mention très honorable.
Ce jury était présidé par le Professeur Alpha Seydou YARO du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique du Mali, et composé du Dr. (MR) Illiassou MOSSI MAIGA de l’Institut National de la Recherche Agronomique du Niger, du Dr. (MC) Amadou LY MOUHAMADOU de l’université Gaston Berger du Sénégal, du Prof Edmond HIEN de l’Institut de Recherche pour le Développement du Burkina Faso et du Dr. (MC) Amadou KEITA de l’Institut 2iE, par ailleurs directeur de thèse de l’impétrant.
Une contribution scientifique au service des communautés
Sur le plan professionnel, Ayoumbissi Keugmeni Guy Armel ambitionne de vulgariser les résultats de cette recherche auprès des agriculteurs, d’en assurer la transférabilité dans d’autres pays sahéliens et de mettre en place un cabinet de conseil spécialisé en environnement et en systèmes agricoles durables.
Au terme de sa soutenance, le doctorant a exprimé sa profonde gratitude à l’Institut 2iE, au Laboratoire Eaux, Hydro-Systèmes et Agriculture (LEHsA), à ses encadrants, ainsi qu’à l’ensemble des personnels techniques, administratifs et collègues doctorants ayant contribué à l’aboutissement de ce travail.













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