Soutenance de thèse : Anselme BAGORO évalue l’impact environnemental de la valorisation énergétique des coques de noix de cajou au Burkina Faso

Anselme BAGORO a soutenu sa thèse de doctorat le 22 décembre 2025, à l’Ecole Doctorale Sciences et Technologies de l’Eau, de l’Energie et de l’Environnement de l’Institut 2iE. Ses travaux de recherche ont porté sur le thème : « évaluation et réduction de l’impact environnemental de la valorisation énergétique des coques de noix de cajou au Burkina Faso ».

Doctorant à l’Institut 2iE, il a conduit ses travaux dans un contexte marqué par la croissance rapide de la transformation de la noix de cajou, générant d’importantes quantités de coques souvent considérées comme des déchets. Leur valorisation énergétique représente une opportunité pour répondre aux besoins énergétiques industriels et réduire la pression sur les ressources forestières et les combustibles fossiles. Toutefois, cette pratique soulève des préoccupations environnementales et sanitaires liées aux fumées émises, notamment en raison du Cashew Nut Shell Liquid (CNSL).

Une approche multidisciplinaire pour évaluer les impacts

L’objectif principal de la recherche était d’identifier les conditions dans lesquelles la valorisation énergétique des coques de noix de cajou peut répondre simultanément aux exigences environnementales, sociales et techniques au Burkina Faso.

Pour y parvenir, l’impétrant a adopté une approche multidisciplinaire combinant sciences sociales, sciences de l’environnement et ingénierie énergétique. Des enquêtes de terrain ont été menées auprès de 320 ménages, ainsi que des acteurs industriels, afin d’analyser les perceptions et l’acceptabilité sociale des technologies de valorisation énergétique. Parallèlement, des mesures en conditions réelles ont permis d’évaluer les émissions de polluants atmosphériques selon différents scénarios technologiques. Enfin, une Analyse du Cycle de Vie (ACV) a été réalisée pour comparer les impacts environnementaux et sanitaires des différentes options, notamment en substitution du bois de feu et du gaz butane.

Des résultats scientifiques majeurs pour une valorisation plus durable

A l’issue des travaux, les résultats ont montré les nuisances visibles et ressenties, en particulier la perception des fumées et des risques sanitaires, influencent fortement l’acceptabilité sociale de la valorisation énergétique des coques de cajou. Elles apparaissent comme le facteur déterminant de cette acceptabilité, , devant même les bénéfices économiques attendus.

L’étude comparative des technologies révèle des profils d’émissions contrastés. La combustion directe apparaît comme la plus polluante, tandis que la pyrolyse avec post-combustion réduit significativement certaines émissions, mais génère d’autres polluants spécifiques. La technologie à combustion étagée présente, quant à elle, un profil environnemental plus équilibré, limitant fortement les émissions de particules et de monoxyde de carbone tout en maintenant des niveaux intermédiaires pour d’autres polluants.

Les analyses issues de l’ACV confirment que l’utilisation de technologies optimisées, notamment la combustion étagée en substitution du bois de feu dans les PME de la filière anacarde, permet de réduire significativement les impacts sur la santé humaine et les écosystèmes.

Des perspectives pour l’industrie et les communautés locales

Les travaux ouvrent des perspectives concrètes pour le déploiement de solutions énergétiques plus durables dans les unités de transformation de l’anacarde. Ils constituent également une base scientifique pour l’amélioration des équipements, l’optimisation des procédés de combustion et l’élaboration de référentiels techniques et environnementaux pour le secteur.

Au-delà des applications industrielles, cette recherche contribue à la réflexion sur l’élaboration de cadres réglementaires visant à réduire l’exposition des populations aux émissions polluantes, améliorer les conditions de travail et renforcer la qualité de vie des communautés locales.

À l’issue de la présentation de ses travaux et des échanges, Anselme BAGORO a été élevé au grade de docteur de l’Ecole Doctorale Sciences et Technologies de l’Eau, de l’Energie et de l’Environnement, spécialité « Energie », avec la mention « Très honorable ».

L’éminent jury était composé de :

  • (DR) Oumar SANOGO, Directeur de Recherche (CAMES), au Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique du Burkina Faso et président de ce jury ;
  • (MC) Adama OUATTARA de l’Institut National Polytechnique Felix HOUPHOUET-BOIGNY de Côte d’ivoire ;
  • Tibi Didier ZOUNGRANA de l’Université Thomas SANKARA du Burkina Faso ;
  • Thierry Gorlon GODJO de l’Université Nationales des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques du Bénin ;
  • Ousmane COULIBALY, Université Joseph KI-ZERBO du Burkina Faso ;
  • Anthony BENOIST du CIRAD en France.

Les travaux de thèse ont été dirigées par Dr. (MC) Marie SAWADOGO, du Laboratoire Energies Renouvelables et Efficacité Energétique (LabEREE), de l’Institut 2iE.

Le nouveau docteur Anselme BAGORO, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il ambitionne de poursuivre une carrière dans la recherche appliquée et l’expertise environnementale, avec pour objectif de contribuer à l’évaluation et à la promotion de solutions énergétiques durables adaptées aux contextes des pays du Sud.

Il a exprimé sa gratitude envers l’Institut 2iE, ses encadreurs et ses collègues pour l’accompagnement scientifique et humain ayant permis l’aboutissement de cette recherche.

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