Soutenance de thèse : Tano Ladji ACKA a étudié la valorisation énergétique des résidus de transformation des amandes de karité

Tano Ladji ACKA, doctorant au Laboratoire Énergies Renouvelables et Efficacité Énergétique (LabEREE), a soutenu, le 3 avril 2025, sa thèse de Doctorat en Sciences et Technologie de l’Eau, de l’Energie et de l’Environnement, spécialité Energie de l’Institut 2iE. Ses travaux de recherche ont porté sur le thème « Étude de la conversion thermochimique et de la valorisation des résidus de transformation des amandes de karité en biocombustibles briquettes »,. A l’issue des délibérations, Tano Ladji ACKA a été déclaré par le jury digne du grade de docteur en Energie, avec la mention « Très honorable ».  

Le Burkina Faso se distingue comme étant le deuxième pays producteur mondial d’amande de karité avec une production annuelle qui avoisine 400 000 tonnes. Sur le terrain, l’on retrouve deux techniques de production du beurre de karité à savoir la technique de barattage et la technique de pressage mécanique.

Cependant, quelle que soit la technique considérée, de l’énergie thermique est requise par le procédé et le bois de chauffe est le combustible le plus utilisé. Selon les études antérieures, c’est près de 4,5 kg de bois de chauffe qui sont brûlés par kg de beurre de karité produit. Toute chose qui occasionne un impact environnemental considérable entrainant une diminution des ressources en bois et l’augmentation de l’empreinte carbone des PME de la filière karité.

Pourtant, la transformation de l’amande de karité génère deux types de résidus, appelés boues de barattage et tourteaux de presse, qui peuvent être valorisés en énergie.

C’est dans cette dynamique de valorisation que s’inscrit la thèse de Tano Ladji ACKA. L’objectif est d’accroitre les ressources énergétiques surtout pour les PME dans le cadre de leurs activités de production. Ces travaux de recherche s’inscrivent dans le cadre d’une logique d’économie circulaire visant à utiliser les résidus générés par les PMU (Petites et Moyennes Unités) de fabrication du beurre de Karité pour pouvoir les réintroduire dans le procédé afin de contribuer à la diminution de la quantité de bois qu’elles utilisent.

Pour ce faire, cette thèse a permis d’étudier la conversion thermochimique des résidus issus de la transformation des amandes de karité et leur valorisation en biocombustibles sous forme de briquettes. Ce travail a conduit l’impétrant dans un premier temps à étudier le comportement thermochimique de ces résidus, c’est-à-dire leur réaction lorsqu’ils sont brûlés. Ensuite, une valorisation sous forme de briquettes biocombustibles a été proposée, en densifiant les résidus pour les rendre plus adaptés aux foyers de combustion domestiques et industriels.

Réduire l’empreinte carbone des PMU grâce à la transformation des résidus d’amandes de karité

Dans sa présentation, il a livré les conclusions de ses recherches :  “Les résultats que nous avons obtenus sur l’étude thermochimique et à la qualité des biocombustibles briquettes optimisées produites sont très prometteurs. Les briquettes optimisées issues des boues de barattage ont été obtenues sans un apport de liant, ce qui est très intéressant économiquement parlant. De plus, lorsque les briquettes sont produites dans les conditions optimales, leur utilisation dans les foyers de combustion ne présente pas de risque de pollution en termes de NOx.”

De plus, l’impétrant a fait une évaluation économique et environnementale. “Nos travaux ont montré que, si tous les résidus produits à travers les amandes de Karité étaient valorisés au Burkina Faso, c’est environ 188 000 tonnes de bois que le pays pourrait sauvegarder chaque année, ce qui équivaut à près de 338 000 tonnes de CO2 séquestrées. Les PMU (Petites et Moyennes Unités) du secteur peuvent ainsi réduire leur empreinte carbone en faisant de la valorisation énergétique de ces résidus via les briquettes.

Enfin, l’analyse technico-économique a démontré que, dans le contexte du Burkina Faso, il est envisageable de mettre en œuvre un projet sur une période de dix ans pour la production de biocombustibles sous forme de briquettes, porté par une PMU valorisant ses propres résidus d’amandes de karité.

L’impétrant a défendu sa thèse devant un jury de soutenance présidé par le Prof. Kouassi Benjamin YAO de l’Institut National Polytechnique Félix HOUPHOUET-BOIGNY de la Côte d’Ivoire et composé du Prof. Moussa BOUGOUMA de l’Université Norbert ZONGO, du Prof. Lamine ZERBO de l’Université Joseph KI-ZERBO du Burkina Faso, du Dr (MC) Alpha Oumar TOURE de l’Université Cheikh Anta Diop du Sénégal, et du Dr. (MR) Boureima DIANDA de l’IRSAT/CNRST du Burkina Faso.

Les travaux de thèse ont été dirigés par Prof. Wennd Kouni Igor OUEDRAOGO du Laboratoire Énergies Renouvelables et Efficacité Énergétique (LabEREE) de l’Institut 2iE et codirigés par le Prof. Abdelaziz BACAOUI de l’Université Cadi Ayyad du Maroc.

« Mon ambition est de développer des solutions de valorisation énergétique des résidus pour les industriels, agriculteurs et les Petites Unités de Transformation (PMU). »

Les membres du jury ont formulé des recommandations visant à améliorer la qualité du manuscrit. Ces recommandations seront prises en compte pour améliorer la version finale de la thèse.

Dr. Tano Ladji ACKA ambitionne de poursuivre ses travaux dans le domaine des bioénergies, en développant des solutions de valorisation des résidus pour les industriels, des agriculteurs et les petites unités de transformation. Il vise ainsi à contribuer à la réduction des coûts de production et à préserver les ressources forestières.

Dr. Tano Ladji ACKA prévoit de continuer également dans le domaine académique et de contribuer aux progrès scientifiques, tout en apportant des solutions concrètes pour l’Afrique et le monde. « Évidemment, nous voulons continuer dans cette lancée à l’université, effectuer des travaux de recherche dans le domaine de la biomasse-énergie, encadrer d’autres étudiants et vraiment apporter notre pierre à l’édifice, que ce soit pour la construction de nos pays, mais également contribuer plus globalement à l’avancée de la science dans le monde. »

One Response to “Soutenance de thèse : Tano Ladji ACKA a étudié la valorisation énergétique des résidus de transformation des amandes de karité”


  • J’aimerais bien communiquer avec Tano Ladji ACKA en particulier pour lui envoyer un document historique de 1982 sur la production d’électricité décentralisée via des groupes à moteurs à gaz pauvre de gazéïfication de déchets de biomasse. ça marchait déja bien à cette époque, mais ça marche mieux encore en 2025, avec les mêmes hommes à la barre. Notre procédé s”applique à la pure production de chaleur qui tolère un peu de condensation de goudron, et le procédé destiné à l’alimentation d’un moteur à gaz n’élimine pas les composants condensables, ils les dissocie en CH4, CnHm et CO par voie thermique (cracking) donc sans perte du pci des goudrons. merci de m’adresser un email à cette fin.

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