Le magazine des Journées Entreprises est allé à la rencontre d’Aminata KA, ancienne étudiante de la Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles (CPGE) de 2iE associée au programme « IngénieurEs en Afrique* ». Après deux années couronnées de succès en CPGE, Aminata évolue désormais à l’EPF de Sceaux, une Grande Ecole d’Ingénieur-e-s française.

aminata-kaPouvez-vous vous présenter et décrire en quelques mots votre parcours scolaire et universitaire jusqu’à présent ?
Je m’appelle Aminata KA. Je suis de nationalité sénégalaise et j’ai 20 ans. Après mon bac C, j’ai intégré 2iE pour deux années en classe préparatoire communément appelée CPGE. Actuellement, je suis en 3ème année à l’école polytechnique féminine sur le site de Sceaux.

Comment décririez-vous votre expérience à 2iE en tant qu’étudiante en Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles? Pensez-vous avoir été bien préparée pour votre situation actuelle (étudiante dans une Grande Ecole française) ?
Mon expérience à 2iE est l’expérience la plus significative de ma vie. C’était la première fois que ma classe était constituée principalement de filles provenant de pays différents, un melting-pot en quelque sorte. Dès le premier mois, je me suis rendue compte que le niveau requis pour suivre les cours était particulièrement élevé. Ma classe préparatoire a sans doute été dure mais c’était une expérience inoubliable. Un niveau très élevé, mais qui m’a été très
utile notamment en troisième année. Réussir en CPGE met à la disposition des étudiantes un bagage intellectuel suffisant pour faire des études exigeantes et sélectives. Je n’ai eu aucun retard avec les cours que j’ai eu à l’EPF. Il n’y a eu que le côté pratique qui a été un peu lourd pour moi vu qu’on n’a pas beaucoup fait en prépa, qui se concentre sur les bases
scientifiques telles que les mathématiques, la physique et la chimie. Donc oui, nous avons été bien préparées pour des études dans de grandes écoles françaises.

Les métiers d’ingénieurs sont généralement considérés de prime abord comme masculins et dominés par une forte présence masculine. Votre intégration dans l’Institut a-t-elle été influencée de quelque manière que ce soit par votre genre ? Si oui de quelle façon ? Pensez-vous que ce paramètre influera aussi sur votre insertion professionnelle ?
Je peux dire que cet aspect m’a frappé en CPGE parce que c’est une classe créée pour former des ingénieures africaines. Le métier d’ingénieur étant perçu comme masculin, la présence féminine n’est pas assez importante surtout en Afrique. Mais en tant qu’étudiante, cet aspect n’a pas encore eu d’impact sur moi. Cela pourrait avoir quelques influences sur mon insertion professionnelle. Mais d’autre part, il y a beaucoup de femmes ingénieures qui se battent pour réduire ces impacts. J’espère donc que ces questions seront fortement prises en compte.

Pensez-vous qu’il soit important pour un ingénieur francophone de nos jours d’avoir de bonnes compétences en anglais ? En quel sens ?
L’anglais est de nos jours incontournable. Etant à la recherche d’un stage en quatrième année, les offres les plus intéressantes exigent un niveau élevé en anglais. Les entreprises sont pour la plupart internationales donc elles recrutent des ingénieures pouvant travailler dans les pays où elles sont présentes.

Quelles sont vos ambitions en tant qu’ingénieure pour les prochaines années ? Un dernier mot à l’endroit des filles qui souhaitent s’engager dans les métiers d’Ingénierie ?
Je voudrais me spécialiser en aéronautique en quatrième année et réaliser un projet de fin d’étude en conception des systèmes aéronautiques. Ce qui me permettra d’être plus polyvalente en tant qu’ingénieure.

En tant que femme et africaine je comprends le fait d’avoir peur d’envisager ces études mais je conseille d’y croire et de lutter pour y parvenir. J’espère que nous arriverons tous à accomplir nos rêves.

 

* Le programme « IngénieurEs en Afrique » a été initié en 2012 afin de promouvoir l’accès des filles aux métiers de l’ingénierie. C’est le fruit d’un partenariat entre 2iE et EPF – Ecole d’ingénieur-e-s (France)
Crédit Photo : EPF