« MON SPORT EST POUR MOI UNE PORTE D’ACCÈS À LA VIE PROFESSIONNELLE FUTURE »

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Hugues Fabrice ZANGO est médaillé d’argent au Triple Saut du dernier Universiade d’été 2015 qui s’est tenu à Gwangju en Cor ée du Sud. Grâce à un saut à 16m76, Hugues a pu occuper la 2ème place devant les autres étudiants athlètes venant de Chine, des Etats-Unis, de Russie, etc. Il est le premier médaillé mondial du Burkina Faso dans une compétition sportive ce qui lui a v alu d’être décoré Chevalier de l’Ordre du Mérite de la Jeunesse et des Spor ts. Grand sportif dans l’âme, c’est aussi un étudiant inscrit en Master Génie Electrique et Ener gétique à 2iE. En pleine préparation pour les Jeux Olympiques de Rio 2016, il nous raconte sa double vie : élève-ingénieur et athlète.

 

Pourquoi avez-vous choisi 2iE pour votre formation ?

Après mon baccalauréat en 2012, j’étais encore indécis quant au choix de ma filière d’étude. J’hésitais entre la médecine et les études d’ingénieur. Mon choix s’est vite dessiné parce que je craignais les méthodes d’étude en médecine. Il fallait maintenant trouver la meilleure école d’ingénierie surtout dans le domaine de l’électricité. 2iE m’a vite séduit avec son palmarès, ses chiffres et son offre de formation.

Comment se passe votre cursus ?
Mon cursus se passe très bien. Je n’ai jamais été en session de rattrapage dans une matière et j’ai toujours validé mes modules. Je n’ai pas encore eu de problème majeur avec l’administration ou durant mon cursus. Tout se passe normalement.

Pouvez-vous nous relater le parcours qui vous a mené à la deuxième place du triple saut aux universiades 2015 ?
Il faut dire que je suis quelqu’un qui aime les défis. J’ai commencé l’athlétisme en Février 2011 et j’étais le dernier des compétitions au niveau national. Cela sonnait comme un déshonneur pour moi. J’en ai cherché les raisons, je me suis entrainé et en Mai j’étais déjà le deuxième triple sauteur national. Certains disent que je suis talentueux et que j’apprends vite. Après j’ai réussi à faire des performances qui m’ont permis de participer à des compétitions internationales notamment les Jeux Universitaires de Russie en 2013 où j’ai fini 6ème et aux Jeux de la Francophonie en France ou j’ai terminé 10ème. Beaucoup m’ont félicité mais je n’étais pas vraiment content et je nourrissais en moi l’envie d’obtenir une médaille mondiale. Depuis ce temps, je me suis entrainé deux années durant et me suis donné certains moyens notamment dans le suivi alimentaire. En 2015, j’ai sauté 16m35 à Bamako et j’étais content parce que mon travail a payé. Depuis, mon mental était haut et la confiance en moi était telle que je pouvais prétendre rivaliser avec les autres athlètes universitaires du monde. Mon entraineur espérait la médaille de bronze mais pour moi ça ne suffirait pas. J’ai finalement réussi à obtenir la médaille d’argent.

Comment un élève ingénieur concilie-t-il études et sport à un si haut niveau ?
2iE-Hugues-ZangoJe suis un athlète de la saison estivale (compétitions d’été). Mes entrainements commencent en octobre jusqu’en fin août et doivent se faire cinq fois dans la semaine. Mes cours habituellement commencent en septembre jusqu’en juin. L’entrainement comporte plusieurs phases dont la première d’octobre à février ; la deuxième de février à juin et la troisième jusqu’en août. La première est peu fatigante pour moi et je réussis à avoir mes meilleures moyennes (14 ou 15) à la fin du semestre. La deuxième est très compliquée et je dois souvent m’absenter pour des compétitions sous régionales. Ces perturbations font vaciller mes moyennes. Je fais souvent l’impasse sur certaines compétitions à cause de la programmation des examens. Et même étant là, pour poursuivre « ces deux lièvres » je sacrifie les sorties, des visites, des loisirs au point que des fois je suis au bord du surmenage. Actuellement avec la mise en place du système de journée continue*, je réussis à m’entrainer plus convenablement. De plus l’école ne refuse pas mes demandes d’absence pour mes compétitions. Mais chaque année les difficultés augmentent avec mon niveau. Mes compétitions commencent plus tôt et actuellement je prépare les jeux olympiques de Rio 2016.

Qu’envisagez-vous dans l’avenir ? Ingénieur, athlète ou les deux ?
La formation à 2iE a pour finalité de former des ingénieurs-entrepreneurs. Depuis mes premiers cours d’entrepreneuriat, j’ai surtout envie de travailler à mon propre compte. Je suis d’ailleurs inscrit dans le parcours entrepreneur organisé par le Technopôle et qui a pour but de faire germer des idées d’entreprise. Quant au sport, il me permet de faire des rencontres. Plus ton niveau est élevé, plus influentes seront les personnes rencontrées. J’espère rencontrer quelqu’un qui me donnera l’opportunité d’entamer une carrière professionnelle ou qui me soutiendra dans les idées d’entreprise que je muris. Mon sport est pour moi une porte d’accès à la vie professionnelle future.

Un dernier mot ?
Pour moi, me lancer dans le sport c’est faire de l’entrepreneuriat. J’invite mes différents camarades à entreprendre dans tous les domaines. Et même si on échoue, cela aura développé en nous des vertus et des qualités telles que la persévérance, la capacité de développer des stratégies, etc. L’avenir de l’Afrique passe par l’entrepreneuriat et le sport. Donc « à vos marques !!! »

*A 2iE, les cours sont programmés de 7h à 16h

 Hugues-Zango-Presentation-Medaille-DG-2iE10 mars 2016, Hugues ZANGO présente sa médaille au Pr Amadou Hama MAIGA, ex-DG de 2iE